La nouvelle Charta Oecumenica en français !
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Charte œcuménique 2e édition (2025)
(Extrait de l’introduction)
Le souhait de proposer une version actualisée de la Charte œcuménique découle des importants changements que l’Europe, les Églises et l’œcuménisme ont connus au cours des deux décennies passées. En tant que chrétiennes et chrétiens, nous vivons dans l’attente du royaume de Dieu à venir mais déjà présent dans ce monde et portons donc sur l’avenir un regard plein d’espérance. Nous – signataires de la Charte, CEC et CCEE – reconnaissons les fruits de l’Évangile du Christ dans la vie de nos sociétés. Néanmoins, nous reconnaissons également que l’urgence de la crise climatique s’accentue, que la guerre, les déplacements de populations, la pauvreté, le populisme, l’utilisation abusive de la religion et autres problèmes interdépendants causent de grandes souffrances et une anxiété considérable. Les développements technologiques rapides ont modifié nos réalités d’une manière que nous cherchons encore à appréhender. L’Europe se sécularise de plus en plus et, dans la plupart des régions européennes, l’implication des Églises ne va plus automatiquement de soi. Ce déclin d’influence a plusieurs causes, dont une perte de crédibilité due aux péchés individuels et structurels dans les Églises.
Dans cette situation, le partage œcuménique est de toute évidence plus nécessaire que jamais. Témoigner de notre foi en nous engageant dans le dialogue, même au-delà des relations interchrétiennes, au service des populations d’Europe – de l’Atlantique à l’Oural et du Cap Nord à la Méditerranée –, telle est notre mission aujourd’hui. À l’instar de cette vision ouverte de l’Europe, la Charte témoigne de l’Église une et universelle du Christ qui se manifeste dans une diversité d’Églises locales.
Nous invitons toutes les Églises, tous les Conseils ecclésiaux, toutes les instances et initiatives œcuméniques à prendre la Charte actualisée pour référence.
La nouvelle édition de la Charte s’articule différemment : elle s’ouvre sur une affirmation de notre foi, notre écoute de la parole de Dieu et notre témoignage commun ; suivent les sphères de rencontre puis les sphères de responsabilité et d’engagement partagés en Europe.
De nouveaux chapitres ont dû être ajoutés dans certains domaines, notamment ceux de la paix et de la réconciliation, des migrations et des nouvelles technologies.
Enfin, les jeunes ont toujours joué un rôle central dans les Églises et pour l’œcuménisme ; nous consacrons donc un chapitre distinct aux jeunes et à leur engagement pour en tenir compte comme il se doit.
La 2e édition de la Charte propose par ailleurs des engagements plus nombreux et souvent plus détaillés. Ils reflètent l’intensification des relations œcuméniques mais aussi leur diversification. Ces engagements sont autant de recommandations spécifiques pour inviter les Églises et les acteurs œcuméniques – dans leurs contextes et selon leurs situations et besoins – à prendre des mesures concrètes et à se référer à la Charte comme un document dans sa globalité ET comme une série d’éléments distincts. La révision a été menée par un groupe de travail conjoint CEC – CCEE mais les Églises et les organismes œcuméniques dans toute l’Europe ont aussi témoigné un vif intérêt et un grand engagement lors du processus de consultation qui a débouché sur le texte final : commentaires perspicaces, réponses nuancées et constructives qui furent décisifs dans le processus de révision. Ces contributions témoignent des fruits que peut porter une lecture attentive du document et des engagements. Nous espérons qu’une telle implication se maintiendra.
Comme précédemment, le document actualisé souligne les responsabilités œcuméniques fondamentales de toutes les Églises en Europe, dont découlent lignes directrices et engagements. La Charte veut promouvoir une culture œcuménique de dialogue et de coopération à tous les niveaux de la vie ecclésiale et fournir à cet effet des critères reconnus. Nous sommes toutefois conscients que le document n’a pas de caractère magistériel ou doctrinal ; il n’est pas non plus juridiquement contraignant selon le droit ecclésiastique. Son autorité et son objectif découlent de l’engagement volontaire des Églises et des organisations œcuméniques européennes : engagement à s’y référer, à l’adapter et à le mettre en œuvre de manière appropriée et fructueuse, à différents niveaux, dans des contextes variés. Le document révisé se veut l’héritier de l’esprit de la Charte œcuménique originale ; il veut contribuer à ce que la Charte conserve son utilité et sa pertinence.



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