Une étonnante et douce espérance : Semaine de Réflexion 18-35 ans à Taizé 2025 (du 24-30 Août 2025)
C’est fou comme la Bourgogne en cette fin du mois d’Août attire des foules de chrétiens !
Ils étaient près de 5000 amoureux de Jésus et de la pop louange à s’être précipités à Paray-le-Monial pour la 4ème édition du « Jesus Festival » avec ses 5 scènes musicales. Pendant le même temps 700 autres se retrouvaient dans l’eco-hameau de Goshen pour le Festival des Poussières et planchaient sur la « portée politique du Royaume de Dieu » aidés par un joli panel de conférenciers. Deux manifestations d’importance qui chacune à leur manière participent du dépassement des étiquettes confessionnelles et contribuent à renouveler le paysage œcuménique de notre pays.
Pour ma part, cette année j’étais invité à intervenir et à partager quelques jours sur une autre colline bourguignonne, à Taizé, où des jeunes de 18 à 35 ans se réunissaient eux aussi pour prier et chanter mais également pour réfléchir aux défis de notre foi dans un monde déchiré et tenter de témoigner d’une espérance.
La première particularité de ce rassemblement, c’est certainement son caractère intensément international : Sur les 1 200 jeunes qui avaient répondus à l’invitation, près de 80 % venaient d’au-delà des frontières de l’Hexagone, représentant près de 30 nationalités (d’Europe bien sûr, mais aussi du Proche-Orient, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine… etc).
Sa deuxième particularité, c’est l’incroyable diversité des ateliers et des intervenants : On pouvaient entendre pêle-mêle, le témoignage de foi et d’engagement de parlementaires européens de gauche et droite, d’un conseiller du gouvernement de Catalogne, mais aussi de jeunes ukrainiens déplacés par la guerre, des philosophes et des théologiens, d’un avocat mandaté auprès du peuple palestinien, d’un évêque du Guatémala, des militants pour la justice climatique, d’acteurs de l’action humanitaire évangélique (MercyShips) et mais aussi des jeunes exilés accompagnés par le réseau jésuite JRS…etc. La question des abus, celle du genre, celle de la dette, celle du courage d’espérer, ou encore celle de l’unité visible de l’Église : chaque rencontre permettait aux participants d’apporter leur écho sur des sujets qui évidemment s’appréhendent de manières bien différentes selon les cultures et les traditions ecclésiales.
J’ai beaucoup apprécié et été très impressionné par l’étonnante douceur de ces quelques jours…alors même que chaque rencontre était une invitation à ouvrir grand les yeux sur des réalités parfois insoutenables de notre monde. Le secret de cette douce espérance se cache sans doute dans les trois grandes respirations quotidiennes de Taizé. Cette manière bien singulière de laisser résonner l’Évangile, au-delà du silence et de l’harmonie des voix, jusqu’à ce qu’en nous s’allume … « ce feu qui ne s’éteint jamais. «
Laisser un commentaire